Global Education Monitoring Report

Target 4 C: Enseignants

D’ici à 2030, accroître considérablement le nombre d’enseignants qualifiés, notamment au moyen de la coopération internationale pour la formation d’enseignants dans les pays en développement, surtout dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement

CRÉDIT: Heather Perry/HCR. Elong est une réfugiée qui a été contrainte de fuir la guerre civile au Soudan avec sa mère, son père et trois jeunes frères en 2003 et qui est devenue professeur d'anglais à Portland, Maine.

La collecte de données internationalement comparables sur les indicateurs relatifs aux enseignants est toujours une gageure. Les pays qui produisent des données comparables sont relativement peu nombreux, notamment en ce qui concerne l’enseignement secondaire, y compris lorsqu’on utilise pour recenser les enseignants une définition simple qui ne tient compte ni des heures d’enseignement ni du nombre d’enseignants exerçant des fonctions administratives.

Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure continuent à souffrir de graves pénuries d’enseignants formés et qualifiés dans l’enseignement primaire. Certains pays d’Afrique subsaharienne affichent des taux de recrutement élevés, ce qui risque d’affaiblir les critères d’admission lorsque les capacités de formation des enseignants sont limitées. Au Niger, où 13 % des enseignants du primaire venaient d’être recrutés en 2013, seuls 37 % d’entre eux avaient suivi une formation (Figure 16).

Figure 16: Il est difficile de respecter les normes de formation des enseignants lorsque les taux de recrutement augmentent

Un taux de recrutement élevé n’est pas seulement le signe indicateur du développement de l’éducation : les recrutements peuvent être nécessaires afin de compenser les départs d’enseignants. Les données fiables sur la baisse des effectifs d’enseignants sont lacunaires et difficiles à interpréter. Pour que les estimations soient plus précises, il conviendrait d’attribuer un numéro d’identification personnel aux enseignants afin de suivre leur trajectoire : qualification, entrée dans la profession, départ et réintégration. Les données doivent établir une distinction entre les diverses catégories de personnel sortant et entrant, en discernant notamment les personnes qui réintègrent le corps enseignant. Le suivi de la baisse du nombre d’enseignants nécessite de disposer d’un système national d’information sur tous les types d’établissements d’enseignement alors que les données ne concernent le plus souvent que la situation locale (Brésil) ou les écoles publiques (Ouganda).

Selon des études portant sur plusieurs pays, comme le Chili, la Suède et les États-Unis, le taux de départ est plus élevé parmi les enseignants moins expérimentés, plus qualifiés (ayant plus de chances de trouver un emploi ailleurs), affectés dans des écoles difficiles ou situées en zone rurale, mal payés ou recrutés sur la base de contrats de courte durée. Il ressort néanmoins des études longitudinales menées en Australie que les enseignants qui semblaient avoir quitté la profession l’avaient fait pour des raisons familiales et qu’ils ont repris leurs fonctions dans les deux années qui ont suivi.

Cible 4.C de l’année précédente